le matériel individuel


Le matériel individuel minimal

Si vous pratiquez régulièrement, il vous faudra acquérir un minimum de matériel :

  • une combinaison néoprène
  • des chaussons néoprène
  • des chaussures
  • un casque
  • un baudrier de canyon
  • des longes
  • un descendeur canyon

La combinaison :

Rôle de la combinaison:

Le but de la combinaison, en néoprène, est d’avoir une couche d’eau réchauffée autour du corps afin de s’isoler du froid extérieur. La circulation d’eau ou un échange d’eau entre l’intérieur et l’extérieur de la combinaison est à éviter d’où la nécessite de choisir une combinaison ajustée près du corps sans être trop serré bien sûr.

L’usure de la combinaison se fera surtout au niveau des genoux et des coudes, les fesses étant protégées par la culotte du baudrier. La durée de vie d’une combinaison est d’à peu près 5 ans pour une utilisation occasionnelle, et 3 ans pour une utilisation intensive.

Il y a deux types de combinaisons possibles:
– Combinaison deux pièces (salopette et veste) :

Une combinaison deux pièces fournit une deuxième couche au niveau du tronc, qui est une zone importante de perte de chaleur. Normalement, elle contient une cagoule qui est très importante pour deux raisons : d’une part, elle protège la tête par laquelle on perd beaucoup de chaleur et d’autre part, elle protège aussi la nuque, qui est responsable de la régulation de l’irrigation sanguine du corps. Un refroidissement de la nuque provoque une réduction de l’irrigation des membres, qui pourrait engendrer une perte de la sensation et de la force dans les doigts et dans les mains. Cela pourrait provoquer des situations très dangereuses.
– Combinaison une pièce :

Un lycra ou des sous-vêtements de sport peuvent servir de deuxième couche pour une combinaison une pièce. Si elle ne contient pas de cagoule, il existe des cagoules vendues séparément. Dans ce cas on veillera à assuer une couverture suffisante de la nuque, pour les raisons citées plus haut.

Les combinaisons de plongée sont plutôt déconseillées car elles n’ont pas de protection, surtout si elles sont d’une grande épaisseur et préformées au niveau des articulations (limitant la liberté du mouvement).

Chaussons :

Les chaussons sont en néoprène et d’une épaisseur de 5 mm

Gants :

Les gants protègent les mains du froid, mais aussi contre les frottements, et même les blessures (selon le rocher il peut y avoir des cristaux ou des particules dans l’eau qui abîment les mains, surtout pendant les manips de cordes ou les rappels).
Les gants en néoprène devraient avoir une épaisseur de 3 à 5 mm, plus épais serait trop car ça gênerait pendant les manips de cordes ou les rappels.
Comme les gants s’abîment très rapidement, des gants de jardinier en cuir, imitation cuir ou caoutchouc (avec peluche à l’intérieur) sont une option moins chère qui s’abîme moins vite, mais qui est suffisante.

Le choix de Pierre: gants spéléo (plastique solide, toilé intérieur) ou en néop. su frileux(se)

Chaussures :

Souvent négligé, la chaussure est un des premiers poste d’investissement, garant d’une sécurité lors de la progression en canyon.

Les qualités exigées sont :

  • l’adhérence maximale en milieu glissant,
  • une bonne protection des chevilles,
  • une bonne résistance à l’abrasion,
  • un confort acceptable pour les marches d’approche

Il existe plusieurs modèles dédiés au canyon, les plus connus étant: la « guide » de chez Bestard, la « canyoneer » de chez Five Ten et la « hydro pro » de chez Adidas. Néanmoins le prix élevé de ces modèles peut être un frein à l’achat.

Pour une pratique occasionnelle des chaussures type « basket » peuvent très bien faire l’affaire.

Casque :

Il n’existe pas de casque spécialement conçu pour le canyon et on utilise des casques de montagne, type alpinisme, qui sont construits pour amortir des chutes de pierres – ou de matos .

Les casques d’eaux vives ou de kayak sont fortement déconseillés, car ils protègent seulement les oreilles et les cotés contre les chocs, mais pas suffisamment le haut de la tête.

Baudrier :

Les baudriers de canyon ont des sangles larges et souvent une « culotte » pour les fesses, qui protège le baudrier et la combinaison. Le point d’encordement est haut placé. Un investissement vite rentable si on pratique beaucoup.

Selon les fabricants, la durée de vie maximale d’un baudrier est de 5 ans (même quand ils ne sont pas utilisés).

Pour une utilisation ponctuelle on peut utiliser des baudriers de spéléologie ou d’escalade mais ils ont leurs points faibles: pour le baudrier spéléo le point d’encordement est très bas (pour optimiser la remontée sur corde) ce qui peut s’avérer très dangereux en rappel sous cascade, cela peut entrainer une bascule en arrière du corps, voir un retournement tête en bas. Pour les baudriers d’escalade les matériaux sont bien plus fragiles et ils peuvent se pourrir en quelques sorties : il devient alors vraiment dangereux de les réutiliser en escalade.

Longes :

Pour les longes, on choisit une corde dynamique (pour amortir le choc en cas de chute) d’une épaisseur de 9 à 11 mm et de 3 m de longueur (a changer chaque année ou en cas de détérioration)
La longe courte devra avoir une longueur équivalente à celle de l’avant bras. La longe longue ne devra pas dépasser la longueur entre le point d’attache et le bras étendu, de façon à toujours pouvoir atteindre le mousqueton de la longe longue.

Le nœud du baudrier sera un nœud de huit tandis que celui pour attacher les mousquetons sera un demi pécheur double, il a l’avantage de se serrer contre les mousquetons et de les empêcher de bouger.

Pour éviter tout accident, on veillera a laisser dépasser du nœud au minimum la largeur de sa main et à serrer les nœuds en se pendant dans le baudrier une fois les longueurs ajustées. On pensera aussi à attacher les bouts de corde qui dépassent du nœud avec du scotch au brin long de la corde qui sort du nœud.

En bout de longe, on place deux mousquetons key-lock (pas de crochet) à vis ou non et surtout certifiés CE. Choisir des mousquetons fins permettra de plus facilement se longer dans les relais.

Descendeur de canyon :

Le plus utilisé est le « huit » qui est peu cher et très polyvalent. Tous les autres systèmes non adaptés au canyon (descendeurs spéléo, tubes ou plaquettes d’escalade) présentent un danger non négligeable.
Un huit utilisé avec un mousqueton (à vis ou automatique) de forme HMS de préférence sera un bon choix. Il existe aussi d’autres descendeurs « spécial canyon » dont :

  • le « piranha » de Petzl
  • le « double huit » ou SFD8 (non certifié)
  • le « oka » de Kong

Néanmoins pour la descente de grandes verticales non arrosées l’utilisation d’un descendeur spéléo à poulies fixes (comme le « simple » de Petzl) pourra être un choix judicieux (a proscrire sous rappel arrosé !!).

Pour être autonome

Il vous faudra encore acheter quelques bricoles :

  • un sac spécial canyon.
  • un second descendeur huit pour équiper (équipé d’une sangle dyneema de 30cm + son mousqueton à vis)
  • au moins un bloqueur mécanique :  basic (poignée, shunt…)
  • une pédale (2 m de cordelette dynema)
  • 4 mousquetons à vis (HMS de préférence)
  • un anneau de sangle en dyneema 120cm
  • un sifflet
  • un couteau accrochable, « imperdable » et ouvrable d’une seule main
  • un anneau de cordelette 6 ou 7mm pour faire un machard

Le sac

Le sac est extrêmement malmené en canyon, on le jette parfois de plusieurs dizaines de mètres de haut ! Les sacs canyons sont des sacs « genre spéléo », enduits PVC, mais abondamment troués pour faciliter l’évacuation. Il existe plusieurs marques et plusieurs modèles dont certains fabriqués en France. La référence restant les sacs Résurgence, fabriqués en Isère.

Le sifflet

Accessoire indispensable, car on n’a pas trouvé mieux pour communiquer dans les cascades :

  • 1 coup = stop (une syllabe)
  • 2 coups = o-k / li-bre (~ deux syllabes)
  • 3 coups = dé-bra-yer (~trois syllabes)

Pour aller plus loin, et encadrer des sorties, il faut un peu de quincaillerie supplémentaire…