Le matériel de remontée sur corde


Quel matériel faut-il ?

On peut bricoler un systeme de fortune avec quasiment rien :

  • en bloqueur de poitrine : son huit de descente, monté « à l’italienne ».
  • en poignée : un valdôtain (confectionnable avec une sangle ou un bout de cordelette ou de corde)
  • en pédale : une sangle, un bout de cordelette ou de corde.

Avec un bricolage improvisé, la remontée sera plutôt fatiguante et pas très rapide, mais il est indispensable de connaitre ces techniques de réchappe et de s’y entrainer de temps en temps.

Si on cherche l’efficacité maximum, c’est à dire la remontée la plus rapide pour le minimum d’effort, il faut utiliser des bloqueurs mécaniques, comme ceux utilisés en artif, en Big Wall et en spéléo : une poignée, un croll et une pédale statique, le tout bien réglé à sa morphologie. Pour un encadrant, qui peut être amené à des interventions rapides, ce choix s’impose.

Il existe aussi quantité d’appareils ou de montages, plus ou moins efficaces, mais qu’il est bon de connaitre.

La poignée

ascension-petzlLa « poignée » mécanique la plus courante sous nos latitudes est l’Ascension de chez Petzl.

 

basic-petzlLe « Basic » de Petzl

Version raccourcie de l’Ascension, c’est peut-être le meilleur choix pour le canyon. Plus compact et léger, c’est aussi un outil pratique pour réaliser une « poulie-bloqueur » ou en remplacement d’un bloqueur de poitrine. Si vous ne devez acheter qu’un seul bloqueur, achetez un Basic.

Autres quincailleries utilisables en bloqueur

Ces appareils ne sont pas spécifiquement concus pour la remontée sur corde mais sont efficaces en substitution d’une poignée :

  • Ropeman Wild Country ou Tibloc Petzl : Tout petits et légers, ce sont des bloqueurs de secours par définition.
  • le Shunt Petzl : il fait une poignée très convenable, pour peu qu’on ne cherche pas à s’aggripper sur son corps : ca le fait glisser, il est concu pour ça. Son usage primitif est l’auto-assurance sur les grands rappels (secs !) et il a aussi quelques utilisations en équipement collectif.
  • les poulies-bloqueurs (comme la MiniTraxion de Petzl), aussi utiles pour fabriquer des palans, mouflages…

micro-traxion-petzl

Les bloqueurs tricotés

– valdôtain, prussik… avec ou sans mousqueton

Le bloqueur de poitrine

Le choix est plus restreint que pour les poignées. En fait un seul appareil sort nettement du lot :

croll-petzl

Le Croll de Petzl

Pour fonctionner correctement le Croll doit être tenu sur la poitrine par un harnais de torse ou une sangle croisée dans le dos. Il doit aussi être placé le plus bas possible. Cela avantage nettement les utilisateurs de baudriers « spéléo » fermés par demi-rond (ou « mavc »)

Avec un autre bloqueur

On peut utiliser autre chose en bloqueur ventral (minitraxion, plaquette gigi) mais la corde ne coulissera généralement pas « toute seule » dedans quand on pousse sur les pieds. On devra l’aider d’une main, ce qui ne laisse plus qu’une main pour se tracter sur la poignée. La remontée devient d’un coup beaucoup plus athlétique.

Sans bloqueur mécanique

Le noeud de coeur.

Il nécessite juste deux mousquetons (de préférence sans vis et identiques). Sur une corde souple et fine, c’est un bloqueur ventral très efficace. Attention, il peut être difficile à débloquer sous tension et surtout il est impraticable sur une grosse corde bien raide. La corde doit être avalée d’une main quand on se hisse.

Le huit à l’italienne.

Le huit à l’italienne n’est pas tellement plus efficace que le noeud de coeur (il est même probablement plus fatiguant). Cependant il a un avantage unique sur tous les autres bloqueurs : Il permet la conversion quasi instantanée montée > descente. Une manip à connaitre absolument. La aussi, la corde doit être avalée d’une main quand on se hisse.

La pédale :

Ça parait simple, pourtant c’est un élément essentiel de la remontée !

la pédale doit être le plus statique possible. Si elle est trop élastique, à chaque mouvement c’est une perte d’amplitude, donc une fatigue inutile. Le réglage de la longueur de la pédale est aussi important, il doit permettre une amplitude optimale à chaque mouvement. Pédale trop courte ou trop longue, on s’épuise à pomper en faisant du sur-place.

  • L’idéal est de la cordelette hyperstatique « dyneema » diamètre 5mm et nouée à la bonne longueur, qu’on laisse à demeure sur son bloqueur. Attention dans ce cas à bien la ranger, c’est le genre de truc qui s’accroche partout quand ça pendouille.
  • On peut bien sur improviser une pédale avec une sangle, un valdôtain, un bout de cordelette ou de corde quelconque.
  • Il existe aussi des pédales « toutes faites » : pas indispensable pour le canyon.

Le bloqueur de pied

Il rend la montée bien plus efficace, en particulier en tendant la corde sous le croll. Il permet aussi la remontée « alternative » (encore plus rapide, mais athlétique). Courant en spéléo, son usage est rare en canyon, sauf si vous prévoyez moultes remontées (travaux d’équipement, dépollution…). Le seul modèle actuellement commercialisé est le Pantin de Petzl.

Pour résumer

Si vous devez vous équiper et par ordre de priorité :

1/ se confectionner un Valdôtain : multi-usage, cout dérisoire, compact et léger : tout le monde devrait avoir le sien au baudrier.

2/ investir dans un « Basic » : bloqueur efficace, compact et universel, utilisable en bloqueur ventral ou en poignée, trouve sa place en canyon, en spéléo ou en alpinisme et pas trop cher : 40 euros environ.

2 bis / se confectionner une chouette pédale bien réglée à sa taille.

3 / acheter un second bloqueur : shunt, minitraxion… au choix, selon vos autres activités ou vos besoins spécifiques.

4 / le « croll » est, de loin, le plus efficace des bloqueurs de poitrine et parait vite incontournable pour les encadrants. Ne pas oublier qu’il nécessite un torse.