Du Sierroz à a la Mine un 14 juillet


Tout a commencé par un week end qui s’annonçait calme et reposant. Puis, je me suis prise comme une envie de prendre la tangente. Une canyoneuse avertie, m’a tendu la perche et je me suis décidée. Du mercredi pour le vendredi, les billets de train étant inaccessibles, je teste le covoiturage. Résultat des courses : ce sera un week end vert mais expérimental…

RDV prévu à 8H au CAF. Lever à 6H30. Finalement, le temps pluvieux a raison de nous, et le départ est reporté à 10H. Avec tous ces changements de dernière minute, départ à l’aube, pas départ à l’aube, pluie bretonnante, brouine changeante, soleil qui perce, terrain glissant et grâce mat perdue, sans compter les 15 coups de fils… (vous connaissez l’appli SMS groupés ???) Ah on me répond que certains n’ont plus de portable…je raccroche hein)

Récupération de matériel réservé au CAF, on récupère Max sur le parking de Botanic, qui piquait un somme à l’animalerie, puis on repart vers le parking du Touvet, apparemment RDV de tous les randonneur-e-s du coin. On ne sais plus à quel groupe on appartient. Il y a même un pick up. Ca fait encore plus trafic organisé. Puis regroupage dans 3 voitures, trafic de sacs, mon portefeuille se retrouve dans un sac plastique, à l’arrière, avec mes baskets (toutes pourries donc) de canyon, le conducteur me regarde bizarre. En attendant, le GPS nous fait visiter la campagne et prendre des itinéraires bis. Jean, un géant venu du nord (Isère), ronchonne derrière. C’est parce qu’il n’a pas de pick up, lui.

Départ pour le Sierroz, j’entends cyrrhose. Bizarre comme nom de rivière. Après un pique nique, tenue de combat. On m’avait parlé de cette particularité pittoresque de ce sport qui consiste à se balader en maillot le long des routes, avec des énooormes sacs à dos en ciré jaune. Impression de partir en yellow submarine…

La « marche d’approche » est censée être courte, mais le chemin est long et la descente à travers bois pentue. On arrive quand même à l’entrée du canyon. Il n’y a même pas d’eau, c’est quoi c’te arnaque ??? Il paraît que c’est tout facile, car il n’y a pas de sauts. Evidemment, ne pas sauter sans eau, ca paraît être une option raisonnable. J’ai dû oublié de cocher moins de 40 ans, heu… moins de 50 m… heu, oublié de préciser que la dernière fois que j’ai fait du canyon, c’était en 1995…Non, je n’ai rien coché en fait, j’ai jamais donné mon accord, pour être là, je me suis juste laissée entrainée, aaaahhhhh je suis sous tutelle !!! Les vieux, on leur fait vraiment faire n’importe quoi…

En ce samedi après midi 14 juillet 2012, pourtant estampillée fin du monde, bizarrement la fin ne me semble pas encore trop proche. Je jugule ma grosse trouille pas trop mal, ou plutôt je la planque plutôt bien. Tout le monde a l’air de trouver le basculement dans le vide totalement naturel et je ne veux pas faire pâle figure. Mais je suis pâle quand même. Que celui ou celle qui n’a jamais eu peur me jette la première pierre, Pierre…(votre première fois, souvenez vous…) Il faudra toute la patience et les encouragements de Myriam et de Max pour faire taire mon inconscient, qui me crie à l’oreille que franchement, basculer dans le vide, non seulement ce n’est pas spontané, je descends quand même bravement (oui, bravement parfaitement) les rappels (toutes façons, pas vraiment d’échappatoire à la cyrrhose du foie…) 50 m, ca c’est fait… A un moment, on retrouve de l’eau, puis une petite marche à patauger, puis des petites cascades sur de grands falaises plus verticales, tu meurs…Je suis vivante. Tout le monde a l’air vivant et relativement heureux-ses d’être là. C’est l’essentiel.

Le soir, accueil chaleureux à Allevard, son chalet, son lac, ses montagnes. J’admire celle qui invite 15 canyoneur-e-s épuisé-e-s. Je fais sensation en ouvrant une bouteille de rouge. C’est incroyable ce que cela déclenche comme réactions quand une femme s’empare d’un tire bouchon et pire, s’en sert ! (Sancerre… Normal… ) Puis, je croise Yulia avec une casserole fumante brunâtre, elle a trouvé des plantes extraordinaires pour les cheveux et se fait un petit shampoing improvisé. Le canyoning, c’est multifonction : natation, spéléo, escalade et cosméto naturelle.

Après un branle bas de combat du dimanche matin, la décision est donc après la cirrhose d’aller à la mine. Moi, je dis, c’est cohérent… 80 km plus tard, on fait une marche d’approche pendant laquelle – nouveauté – on ne se perd pas..

Cette rivière est beaucoup plus jolie, déjà, il y a plus d’eau, cette fois on en a pour son argent. Et puis des vasques ont été gentiment sculptées dans la roche à notre attention. Bon, côté inconscient, c’est pas encore tout à fait youplaboum, c’est le roi du pain d’épices. Là encore, de vaillant-e-s encadrant-e-s essaient de ne pas complétement foirer cette sortie, en me dissuadant de prendre l’échappatoire.

Un seul bémol quand même à cette sortie : que Jean n’ai pas vu le fameux crapaud, sur son rocher, voire d’avoir embarqué ledit crapaud pour refonder une petite famille au fond de son jardin. Car le géant vert a éradiqué à titre préventif l’espèce batracienne du Nord Isère.

Après ce week end riche en couleurs, je me speede retrouver mes covoitureurs. Non seulement je suis rentrée entière, sans les deux jambes pétées, grâce à une vigilance sans faille des encadrant-e-s, mais je n’ai même pas été violée/coupée en morceaux en rentrant à Paris… (en même temps, normal, je ne suis pas joggeuse, je suis canyoneuse… )

Enfin, grâce à vous, et dès le lendemain, j’ai rejoint le club très fermé des genoux avec bleus, (un beau spécimen qui s’est précisé, sans pour autant rivaliser avec celui de Suz, mais qui se défend…) Et puis, j’ai reçu des super photos en cosmonautes : passer tout le week end à se dire que le canyon, c’est super mais pas vraiment sexy, et se prendre 25 photos « scaphandrières.. Heureusement, la rivière, elle, est vraiment sexy (surtout vue d’en bas…)

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